Les femmes au travail : Les inégalités PERSISTENT

Le sexisme est omniprésent dans le quotidien des femmes depuis toujours. Elles sont confrontées à des inégalités aussi bien dans la sphère professionnelle que dans la sphère privée.
Dans cet article nous aborderons les inégalités hommes-femmes dans le cadre professionnel.

Etonnamment, Un écart des salaires constant

L’inégalité des salaires entre hommes et femmes est une réalité bien connue de tous, nous avons donc souhaité analyser l’évolution de salaires au cours des 20 dernières années ainsi que l’écart entre le salaire des hommes et celui des femmes.

On observe que l’écart entre les salaires moyens des hommes et des femmes n’a pas changé depuis 1995, cela malgré tous les plans mis en place pour l’égalité des salaires hommes/femmes au travail. De plus, il est prouvé que les femmes négocient moins leurs salaires que les hommes. On note paradoxalement une croissance légèrement plus marquée du salaire des femmes par rapport à celui des hommes, depuis les 8 dernières années. Le salaire féminin moyen reste malgré tout en deçà de celui des hommes. Le manque de négociation de la part des femmes concernant leur salaire peut entrer en compte dans la justification de cette tendance mais ne suffit pas à expliquer le manque d’initiatives de la part des entreprises à ce sujet.

Des inégalités salariales disparates en régions

L’écart salarial est variable d’un secteur d’activité à l’autre, mais toujours en défaveur des femmes. On retrouve ces même disparités au niveau régional.

Globalement, l’écart des salaires est plus élevé dans le sud de la France notamment dans les régions Occitanie et Provence Alpes Côte d’Azur. La Corse est la première région la plus inégalitaire de France. Pour 1h de travail, les femmes gagnent 3€50 de moins que les Hommes. La région du Pays de la Loire se place à la deuxième place avec 2,9 € d’écart par heure travaillée.
La région la moins inégalitaire est le Val de Loire où les femmes perdent 1€ par heure travaillée par rapport aux Hommes.

les femmes inexistantes dans certains secteurs

La participation des femmes au marché du travail ne cesse d’augmenter depuis les années 1960. Elle approche désormais celle des hommes : en 2012, 47,7 % des travailleurs sont des travailleuses. Toutefois, elles n’occupent pas les mêmes emplois que les hommes et elles ne travaillent pas dans les mêmes secteurs.

On constate que la répartition des femmes selon les activités est inégale. En effet, on observe une forte proportion des femmes dans le tertiaire à 88 %. En contrepartie, les secteurs de la construction et de l’industrie représentent 1 et 2 % des femmes actives.

Pour le secteur du tertiaire, les femmes sont fortement représentées dans l’administration publique, l’enseignement, le social et la santé à 44%. En effet des études montrent que les expériences professionnelles et le niveau d’étude d’une femme sera moins valorisée qu’un homme.

Une répartition hommes-femmes extrême en fonction des métiers

On retrouve une très grosse partie des femmes dans les secteurs de l’administration et du médical avec plus de 85% de femmes. A contrario les femmes sont toujours peu nombreuses dans les professions incarnant les « vertus dites viriles » (force et technicité). 10% de femmes sont ouvrier bâtiment et moins de 15% font parties des forces de l’ordre (police et armée).

Les sciences et l’industrie réservées aux hommes

Concernant les différents secteurs comme les sciences, l’administration publique et l’industrie on constate différentes évolutions. Alors que la part des femmes y étaient déjà faibles, on constate une diminution du pourcentage de femmes travaillant dans les domaines des sciences et de l’industrie. En revanche, le secteur de l’administration, la santé et de l’enseignement a augmenté de 2,4 % en six ans. Cela retranscrit bien ce que nous explicitons plus haut : les femmes sont majoritairement employées dans les activités tertiaires et que les secteurs de l’enseignement, administration et santé représentent les principaux secteurs féminins. Le recul de la présence des femmes dans les secteurs scientifique et industriel est à déplorer car elles sont largement représentées dans les formations supérieures liées à ces métiers. La pression masculine dans ces secteurs est peut-être responsable de la faible intégration des femmes dans ses métiers.

Encouragement pour la présence féminine aux CA

En 2013, les femmes représentent 14,1 % des dirigeants d’entreprises. Leur part a progressé d’à peine 1,2 point en dix ans ! Cependant, plusieurs signes encourageants sont à noter : leur progression au sein des entreprises de plus de 50 salariés, et une montée en puissance des femmes dans des secteurs traditionnellement masculins (industrie agroalimentaire, automobile, énergie), même si elles restent surreprésentées dans les secteurs des services aux particuliers, services sociaux et du commerce.

Par ailleurs, on assiste à une montée en puissance des équipes mixtes. C’est le cas notamment avec les conseils d’administration des entreprises du CAC40. Au 1er janvier 2017, toutes les entreprises du CAC 40 devaient compter au sein de leur conseil d’administration (ou de leur conseil de surveillance) 40% de femmes, selon le Code de commerce. La loi Copé-Zimmermann de 2011 les oblige en effet de respecter un quota minimum de membres de chaque sexe afin d’assurer une représentation équilibrée des hommes et des femmes au sein des conseils.

En moyenne, la part des femmes au sein des conseils des entreprises du CAC 40 atteint, en 2014, 30,3%, une augmentation de 2% en 1 an ! Un chiffre qui reste donc inférieur à ce que prévoit la loi mais qui promet une évolution pour l’avenir.

 

LA SITUATION EN EUROPE

Suite à nos observations précédentes, nous nous sommes intéressées à l’échelle européenne. Nous souhaitions déterminer s’il existait des tendances dû à la géographie ou l’économie des pays.

 

A l’échelle européenne, la France se situe en 11ème position avec un écart salarial frôlant les 10% du salaire moyen brut. A la tête de ce classement se situe la Roumanie avec un écart salarial de 2% environ. L’Estonie se situe largement en dernière position avec un écart s’élevant à environ 28%. Cependant, l’écart salarial demeure disparate entre les différents pays membres, et ne semble pas suivre les tendances économiques ou géographiques des pays concernés.

En bref ; un combat loin d’être fini

Aujourd’hui pas encore atteinte, l’égalité salariale des genres demeure une véritable revendication de la population féminine. Touchant tous les secteurs d’activité, toutes les régions de France mais également tous les pays européens, cette inégalité pèse d’autant plus que des mesures législatives sont prises en faveur de la femme.

La mixité n’est certes pas atteinte dans l’univers professionnel, mais elle n’est pas non plus atteinte dans l’enseignement supérieur. Comme le montrent les chiffres ci-contre représentant la part de femmes dans les différents secteurs de formations de l’enseignement supérieur, la part des femmes est nettement supérieure à celle des hommes, à l’exception des formations sportives. Ces deux constatations sont donc plutôt paradoxales. Comment justifier ces différences ? Et surtout comment expliquer l’écart entre la situation du monde professionnel et celle de l’enseignement supérieur ?