Selon les données de l’ademe

LES DÉCHETS collectés en déchèterie

en france

Une évolution vers des pratiques plus vertueuses ?

La déchèterie permet aux particuliers, et éventuellement aux artisans, d’apporter leurs déchets encombrants (gravats, déchets verts) ou autres, comme les déchets dangereux, en les répartissant dans des contenants spécifiques en vue d’éliminer ou de valoriser au mieux les matériaux qui les constituent. Selon la taille de la déchèterie, toutes les catégories de déchets ne sont pas acceptées. Ces déchets ne peuvent être collectés de façon traditionnelle par les services de ramassage des ordures ménagères en raison de leur taille, de leur quantité (gravats, déchets verts) ou de leur nature (huiles usagées, batteries…). Les tonnages collectés en déchèteries représentent 33 % des déchets ménagers et assimilés collectés (Enquête collecte 2011) (source : ademe.fr).

Nous vous proposons un petit  bilan sur les déchets collectés dans les déchèteries en France : quelle quantité cela représente t-il ? Notre production de déchets varie t-elle selon la région considérée ? Que deviennent ces déchets une fois arrivés à la déchèterie ?

Différentes questions auxquelles vous trouverez des éléments de réponse en déroulant cette page…




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kilos de déchets sont collectés en déchèterie, en France, depuis votre arrivée sur cette page.

LES TYPES DE DÉCHETS

Les déchets pris en compte dans cette étude ne concernent que les déchets collectés en déchèterie. En voici les différents types : 

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Déblais et gravats

Débris ou terre que l’on retire d’un terrain (L’internaute) / Débrits issus d’une démolition (L’internaute).

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Déchets dangereux

Déchets qui contiennent, en quantité variable, des éléments toxiques ou dangereux qui présentent des risques pour la santé humaine et l’environnement (Ministère de la transition écologique).

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Déchets verts

Résidus d’origine végétale issus des activités de jardinage et d’entretien des espaces verts (Veolia).

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DEEE*

Déchets d’équipements électriques et électroniques (Ministère de la transition écologique).

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Encombrants

Déchets provenant de l’activité domestique des ménages qui, en raison de leur volume ou de leur poids, ne peuvent être pris en compte par la collecte usuelle des ordures ménagères et nécessitent un mode de gestion particulier (Veolia).

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Matériaux recyclables

Déchets qui peuvent être triés et connaître une nouvelle vie sous un conditionnement différent (le plastique, le verre, le papier et le métal) (Teteamodeler). 

Les nombres sont indiqués en pourcentage du tonnage des déchets de déchèterie en France entre 2009 et 2017. 

(Il existe aussi la catégorie « Autres » regroupant tout le reste des déchets de déchèteries)

Les déchets les plus présents en déchèterie sont donc les déchets verts.

Evolution de tous les déchets confondus (en tonnes de déchets). 

Entre 2009 et 2017 c’est presque 3 millions de tonnes de déchets en plus dans nos déchèteries françaises, ce qui représente une hausse de 23%. 

Comment l’expliquer ? 

Tout d’abord, par le nombre de déchèteries en France qui est passé de 4 567 en 2009 à 4 649 en 2015, soit 82 nouvelles en 6 ans (Source : Statista).

Ensuite par l’augmentation de la population nationale sur la décennie (le taux d’augmentation moyen étant de 0,3% selon la Banque Mondiale).

L’évolution des déchets en france

 

 

Avec ce graphique nous pouvons voir l’évolution du tonnage entre 2009 et 2017 pour chaque type de déchet retrouvé en déchèterie. 

Les déchets verts sont les plus présents et ont augmenté de 30% tandis que les déchets dangereux sont les moins présents mais ont augmenté de 47% entre 2009 et 2017.

Ensuite, dans l’ordre, nous retrouvons majoritairement des déblais et gravats, puis des encombrants qui se font de plus en plus présents, puis les matériaux recyclables, puis les DEEE et enfin les autres déchets. 

Globalement, il y a une hausse de tous les types de déchets en déchèterie, notamment par l’augmentation de la population et aussi, peut-être, à une plus forte tendance et sensibilisation à jeter ses déchets en déchèteries.

 

 

 

Combien de tonnes de déchets par habitant en déchèterie ?

La carte ci-dessous représente l’évolution, en pourcentage, du nombre de tonnes de déchets par habitant entre l’année 2012 et l’année 2017. 

Exemple : la corse a un taux d’augmentation de 26%, c’est à dire que si un habitant produisait 1 tonne de déchets en 2009, il en produit 26 en 2017.

Tout le territoire a vu son taux augmenter : le minimum étant pour la région Auvergnes-Rhône-Alpes (6%).

Comment expliquer ces évolutions ? 

L’augmentation du nombre de déchèteries a pu jouer un rôle dans ces évolutions ainsi que l’augmentation des déchets jetés que nous avons vu précédemment, tout cela lié à l’accroissement démographique.

Il était essentiel pour les collectivités de mettre en place des solutions. Cela s’est traduit par une augmentation du nombre de déchèteries sur le territoire, par la collecte et par la mise en place de solution pour les éliminer, ou en tirer profit. 

Le traitement de ces déchets

Une fois collectés, les déchets sont traités pour élimination. Chaque type de déchet peut être traité de différentes manières. Voici les traitement qui existe :

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Valorisation organique

La valorisation organique repose sur le compostage et la méthanisation. Le compost créé à l’issue du compostage sert à la régénération des sols. La méthanisation est comme le compostage, c’est un procédé de fermentation qui créé du méthane. 

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Valorisation matière

C’est, utiliser une partie ou la totalité de la matière du déchet dans un nouveau processus de production. La valorisation de matière peut être assimilée au recyclage et au réemploi.

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Stockage pour inertes

Les Installations de Stockage de Déchets Inertes (ISDI) sont destinées à stocker uniquement des déchets ne subissant aucune transformation physique, chimique ou biologique importante. Ils ne se décomposent pas, ne brûlent pas et ne produisent aucune réaction physique ou chimique, ne sont pas biodégradables, et ne détériorent pas d’autres matières avec lesquelles ils entrent en contact. 

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Stockage

Le stockage (ou mise en décharge) est une opération d’élimination des déchets. 

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Incinération avec récupération d'énergie

Il s’agit d’un type de valorisation qui se fait via l’incinération des déchets, à l’aide de fours spécifiques. L’incinération des déchets permet de créer de la chaleur qui permet d’alimenter les systèmes d’électricité et de chauffage.

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Incinération sans récupération d'énergie

Il s’agit de l’incinération de déchets sans qu’une valorisation énergétique ne soit pratiquée, ou pour laquelle la valorisation énergétique ne présente pas suffisamment de rendement. 

Source : Cogetrad.com / Ecologie.gouv.fr / Symeed29.finistere.fr

UNE TENDANCE À LA VALORISATION  

La valorisation organique est la méthode la plus employée parmi tous les traitements existants. Il faut bien entendu le mettre en lien avec le taux élevé de déchets verts (voir plus haut), valorisable organiquement. L’utilisation de ces déchets valorisés bénéficient à certains secteurs, tels que l’agriculture ou les énergies. 

On note une nette augmentation des déchets collectés avec une augmentation de plus de 10 000 tonnes en moins de 10 ans.

Le graphique ci-contre nous montre une légère augmentation de valorisation des déchets entre 2009 et 2017 : en effet 53% des déchets étaient valorisés en 2009  contre 59% en 2017. Cela peut potentiellement expliquer une amélioration des process de valorisation permettant de valoriser davantage de déchets, mais également une augmentation de la part des déchets valorisables (de 52 à 60%), comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous.

 

Une valorisation assez homogène en France

Par « valorisation », sont inclus les traitements suivants :

  • Valorisation organique
  • Valorisation matière
  • Incinération avec récupération d’énergie

Comme on peut le voir sur la carte (représentant la valorisation au cours de la dernière décennie), la valorisation des déchets est assez homogène en France : dans la majorité des régions le taux de valorisation est compris entre 60 et 70%, l’Auvergne-Rhône-Alpes et les Hauts-de-France étant légèrement au-dessus de la moyenne avec un taux de valorisation de 71%. Enfin, l’Ile-de-France se distingue par un taux très bas (moins de 50% de valorisation), que l’on peut expliquer probablement par le type de déchets conduits en déchèterie : moins de déchets verts et moins de déchèterie, puisque zone très urbanisée.

L’Auvergne Rhône Alpes et les Hauts de France savent tirer au maximum profit de leurs déchets.

 

 

 

 Le graphique représente les types de traitements réalisés par type de déchets. 

Les déchets verts sont bien entendu valorisés organiquement, à destination des secteurs tels que l’agriculture, ou les énergies. 

Cela confirme également que les déchets collectés en déchèteries sont bien valorisés (la valorisation matière par exemple, concerne de nombreux types de déchets tels que les DEEE). 

On observe également qu’une petite partie des déchets dangereux sont bien gérés par les collectivités (35% de valorisation matière). 

Néanmoins, il existe beaucoup d’imprécisions quant au devenir de certains déchets avec les catégories Autres, Stockage, Non précisé. Il faudrait envisager une étude complémentaire. 

Dans un cadre où la quantité de déchets est en augmentation croissante, due à la croissance démographique, il est primordial d’adopter des solutions pour les éliminer. De nombreuses mesures ont été mises en place – et pourrait faire l’objet d’études complémentaires – telles que l’augmentation du nombre de déchèterie sur le territoire.

La variété de traitements réservés à ces déchets ont permis d’en tirer le maximum de valeurs puisque la France entière valorise 61,8% de ses déchets. Ce taux de valorisation est plus que correct et montre qu’il y a une réelle volonté de se tourner vers des pratiques plus vertueuses.

Néanmoins, les quotas imposés par certaines déchèteries en France incitent les populations à jeter sur les lieux publics, ce qui contribue à fausser les statistiques, limite le taux de valorisation et pollue des terres agricoles (ce qui, bien entendu, est source de tension au sein des communautés). 

Il serait intéressant de prolonger l’étude avec les déchets ménagers et assimilés, pour voir si les constatations sont les mêmes (augmentation du tri, etc). 

 

Cette dataviz a été réalisée par Pauline Duplaà, Clara Gérardin et Anouk Mechain, étudiante en Agromanagement à TOULOUSE INP-ENSAT. Selon les données de l’ADEME « SINOE – Destination des déchets collectés en décheterie par type de traitement 2009-2017 ».